Soutien total à nos agriculteurs : défendre le bon sens, le terrain et nos villages
Après l’anecdote des vaches qui se promenaient une nuit dans le village, il m’a semblé important de rappeler une réalité que l’on oublie trop souvent.
Derrière chaque troupeau, il y a des femmes et des hommes, des familles, des années de travail et un lien profond avec leurs animaux.
Ce lien, forgé par le temps, la présence quotidienne et l’engagement sans compter, est aujourd’hui mis à rude épreuve par des décisions sanitaires prises loin des fermes, loin du terrain et parfois loin de la réalité humaine vécue par nos agriculteurs.
Une incompréhension qui mérite d’être entendue
Les agriculteurs ne remettent pas en cause la nécessité de protéger la santé animale. Ils savent mieux que quiconque l’importance de la prévention, de la vigilance et de la rigueur sanitaire.
Mais ils s’interrogent, à juste titre, sur des protocoles qui conduisent à l’abattage systématique de troupeaux entiers dès qu’un seul cas est détecté, sans toujours prendre en compte :
- le fait que la maladie concernée ne présente aucun danger pour l’homme,
- l’existence de solutions alternatives comme l’isolement, la surveillance renforcée ou le traitement ciblé,
- les pratiques mises en œuvre dans d’autres pays.
Il est par exemple légitime de se demander pourquoi certains de nos voisins, notamment la Suisse, parviennent à gérer ces situations de manière plus proportionnée, sans décimer systématiquement des troupeaux entiers au premier cas positif.
S’interroger, comparer, chercher ce qui fonctionne ailleurs, ce n’est pas être irresponsable. C’est faire preuve de bon sens et vouloir améliorer les réponses apportées sur le terrain.
Des décisions aux conséquences humaines lourdes
Derrière des mots techniques et des procédures administratives, ce sont :
- des exploitations fragilisées, parfois mises en péril,
- des éleveurs moralement atteints,
- des familles qui voient disparaître le travail de toute une vie.
Une vache n’est pas une ligne sur un tableau.
Un troupeau, ce sont des années de soins, d’attention quotidienne, de nuits sans compter, d’attachement et de sacrifices personnels.
Quand l’abattage devient systématique, on ne supprime pas seulement des animaux : on touche à l’âme même du métier d’éleveur.
Redonner toute sa place au dialogue et au terrain
Depuis trop longtemps, le monde agricole a le sentiment, souvent fondé, de ne plus être suffisamment écouté.
Normes toujours plus nombreuses, contraintes toujours plus lourdes, pression économique permanente… et aujourd’hui, des décisions vécues comme brutales et déconnectées des réalités locales.
Les agriculteurs demandent avant tout :
- de la concertation,
- de l’écoute,
- des décisions proportionnées, adaptées aux situations réelles.
Refuser ce dialogue, c’est nier leur compétence, leur expérience et leur capacité à être acteurs des solutions.
À Muespach, une réalité bien concrète
Si ce sujet me touche autant, c’est aussi parce qu’ici, à Muespach, nous connaissons nos agriculteurs.
Nous savons qui ils sont. Nous croisons leurs familles. Nous voyons leur travail chaque jour. Ils font partie de la vie du village, de son équilibre, de son identité rurale et de ses paysages.
Lorsqu’une décision prise loin d’ici frappe un éleveur, ce n’est jamais abstrait. Ce ne sont pas des chiffres. Ce sont des visages, des prénoms, des voisins.
Ma colère dépasse donc largement un cas particulier. Elle exprime le refus de voir des choix nationaux, parfois trop mécaniques, s’imposer sans nuance à des réalités locales que l’on connaît, que l’on respecte et auxquelles on est profondément attaché.
Défendre nos agriculteurs, c’est défendre nos villages
Mon soutien va pleinement aux agriculteurs qui se mobilisent pour défendre leurs animaux, leur métier et leur dignité.
Ce combat ne concerne pas seulement le monde agricole. Il nous concerne tous.
Sans agriculteurs :
- pas de souveraineté alimentaire,
- pas de campagnes vivantes,
- pas de paysages entretenus,
- pas de villages forts et équilibrés.
La santé animale est essentielle, personne ne le conteste.
Mais elle ne peut justifier des décisions automatiques et déshumanisées, sans prise en compte des conséquences humaines et locales.
À Muespach comme ailleurs, défendre nos agriculteurs, c’est défendre nos villages, notre ruralité et notre avenir commun.
Philippe Huber
Candidat à Muespach – Élections municipales 2026






